Prendre des risques en entrepreneuriat : 4 paris qui ont changé mon année

Je me suis rendu compte d’un truc bizarre en 4 ans d’entrepreneuriat : c’était beaucoup plus facile pour moi de prendre des risques au début que maintenant.

Et c’est paradoxal, parce qu’on dit toujours qu’il faut oser, qu’il faut se jeter à l’eau. Sauf qu’oser au début, c’est facile. Tu n’as rien à perdre.

Quand tu n’as jamais publié sur LinkedIn, tu n’as pas de statut à perdre. Au pire, tu ne peux pas faire moins que zéro vue. Pareil quand tu lances une offre : tu ne peux pas faire moins que zéro euro.

Mais plus tu grandis, plus tu crées un standard de réussite à tes yeux. Tu sais quand une offre a marché. Tu sais quand ton mois a fait son chiffre d’affaires. Et là, prendre des risques en entrepreneuriat devient une autre histoire.

Dans cet article, je te partage les 4 paris que j’ai pris cette année, pourquoi ils me faisaient peur, ce qui m’a aidée à les prendre quand même, et les 3 critères que je vérifie avant de me lancer.

Pourquoi prendre des risques devient plus dur quand ton business marche

Quand tu commences à réussir, 2 choses se passent.

  1. Tu crées un standard à tes yeux

Tu deviens capable de te juger, là où avant tout était mieux que zéro. Tu vas plus ou moins réussir par rapport à ce standard. Et intérieurement, tu te donnes des « bons points » ou des « mauvais points ».

  1. Tu peux perdre une forme de statut

Tu prends moins facilement des risques parce que tu te dis : « OK, j’ai un business qui marche et qui fait 10 000 euros par mois. Je ne vais pas prendre le risque de changer de cible ou de changer de produit. »

Ça fait peur, parce que maintenant tu as quelque chose à perdre.

Le moment où il faut le plus apprendre à oser, ce n’est donc pas forcément au début (même si c’est important). C’est plutôt quand on a déjà eu ses premières réussites.

En tout cas, c’est le sujet auquel j’ai été confrontée cette dernière année. Voilà les paris que j’ai faits.

Les 4 paris risqués que j’ai pris cette année

1. Arrêter de vendre mon bootcamp LinkedIn (mon seul produit)

Le pari : en juin dernier, j’ai arrêté de vendre mon bootcamp LinkedIn.

C’était un pari osé parce que c’était le seul produit que je vendais. À ce moment-là, je faisais tout mon chiffre d’affaires dessus. Cette année, j’ai vendu pour plus d’un million de ce produit. Quand on a un seul produit et qu’on l’arrête, on fait zéro. C’était un pari financier, et celui qui m’a fait le plus peur.

Ce qui m’a aidée à le prendre quand même :

Je me suis dit que ce n’était pas un arrêt définitif, que c’était une pause. Et que je pourrais reprendre après.

Ensuite, je me suis posé la question : « Si je faisais ça pendant les trois prochaines années, est-ce que je serais heureuse ? » La réponse était non. Il fallait bien se réinventer à un moment. Je préférais arrêter quand ça fonctionnait et que j’avais confiance en moi, plutôt que d’attendre que ça se crashe et de me sentir trop nulle pour recommencer. J’ai arrêté au sommet de mes résultats, en vente et en satisfaction.

Je me suis aussi demandé : « Est-ce que ça vaut le coup de changer, même si je divise ma marge par deux ? » Et la réponse était oui.

2. Lancer un mastermind en présentiel

Le pari : mon nouveau produit, c’est le mastermind. Deux jours en présentiel pour prendre de la hauteur sur ton business et prendre les bonnes décisions.

Pourquoi c’était risqué :

Le présentiel, ce n’est pas un produit digital. Il y a moins de marge. Ce n’est pas scalable. J’ai un nombre limité de places, donc je ne pourrai pas faire un chiffre d’affaires illimité, sauf si je recrute une équipe. Ce que je ne veux pas aujourd’hui.

C’est aussi plus dur à vendre. Il y a des dates précises, donc les gens ne sont pas toujours disponibles. Et il faut se déplacer. Je m’adresse à des femmes qui doivent organiser leur emploi du temps : c’est vraiment dur pour elles de sortir de leur réalité, même si c’est ce qui va le plus les aider.

Ce qui m’a aidée à le prendre quand même :

Le fait de faire quelque chose qui apporte énormément de valeur et que peu de gens ont le courage de faire. Je me suis dit : « Si moi je ne le fais pas, alors que j’ai un confort financier, qui va le faire ? » Maintenant que j’ai gravi ma première montagne et que j’ai de l’argent, c’est à moi de faire ça.

Deuxième chose : je faisais déjà ça gratuitement. J’organise déjà des masterminds avec mon entourage entrepreneurial. C’est toujours moi qui organise, moi qui fais les séquences, moi qui book tout. J’ai de l’expérience dessus et j’y prends énormément de plaisir. C’est juste être payée pour quelque chose que je fais déjà. Ça m’a rassurée sur mes compétences.

Et je suis trop fière : la première session s’est remplie en un rien de temps.

3. Me lancer sur YouTube avec des sujets qui fâchent

Le pari : me mettre sur YouTube.

Risqué, parce que j’ai zéro audience là-bas, que je ne sais pas faire de vidéo et que je ne suis pas à l’aise. Le temps que je passe à faire une vidéo YouTube, je pourrais faire au moins dix posts LinkedIn, parce que je sais déjà comment faire.

Mais surtout, j’ai traité des sujets comme :

  • comment je me suis fait arnaquer de plus de 10 000 euros dans mon projet immobilier
  • mon expérience introspective avec les champignons hallucinogènes
  • la découverte de mon autisme et l’impact que ça a eu sur la gestion de mon business

Tous ces sujets sont polémiques en un sens. À cause d’eux, je pourrais perdre des clients ou déplaire à beaucoup de gens.

Ce qui m’a fait prendre ce pari quand même :

L’amusement que j’ai à faire des vidéos. Moi aussi je consomme des vidéos YouTube, et j’ai envie d’être découverte comme moi je découvre d’autres créatrices sur ce format. Tu peux d’ailleurs voir le résultat sur ma chaîne YouTube.

Je me suis demandé à partir de combien de vues je serais contente de mes vidéos. En réalité, ce qui compte pour moi, ce ne sont pas les vues. C’est de créer une audience fidèle et engagée.

Mon but n’est pas de faire des super productions comme Léna Situations. C’est d’avoir une audience fidèle qui est là, qui regarde, et à qui j’apporte de la valeur. Ça m’a beaucoup reconnectée, et ça m’a donné envie de faire, même s’il y a 100 personnes qui regardent.

4. Donner une conférence en jogging devant 300 personnes

Le pari : monter sur scène en jogging, là où avant j’aurais mis une chemise et je me serais apprêtée.

Pourquoi c’était risqué : on a l’habitude de mettre des « appareils de crédibilité ». C’est un peu un costume de scène. On se dit qu’avec une chemise, les gens auront plus confiance en nous, que ça fait plus sérieux. Là, je ne pouvais pas compter sur l’apparence. Il fallait que je donne du fond.

Comment j’ai fait pour le faire quand même : je me suis posé la question : « Quelle image de Nina j’ai envie de donner ? » Est-ce que j’ai envie de donner l’image de la Girlboss qui réussit tout ? Ou est-ce que j’ai aussi envie de partager mes doutes et de me connecter aux émotions ?

La Nina Girlboss qui réussit tout, c’est une super prof qui enseigne plein de choses. Mais la vraie vérité, c’est que les femmes en face de moi, qui entreprennent, ont les mêmes doutes que moi. Jouer un rôle pour paraître crédible, c’est une forme de suradaptation, et j’en connais le prix.

Le meilleur cadeau que je puisse leur faire, en plus de leur expliquer ce que j’ai appris, c’est de leur montrer que je doute quand même, et que je vis malgré tout. Le doute fait partie de l’aventure. Ce n’est pas parce qu’il y a du doute qu’elles doivent arrêter.

Ce n’est pas toujours le moment de prendre des risques

Il y a des moments où prendre des risques n’a aucun sens.

Quand quelque chose fonctionne bien et que tous les curseurs sont au vert (les curseurs de réussite, ça marche avec les clients, et les curseurs de kiff), ça ne sert à rien de se dire : « Je vais prendre un risque juste pour prendre un risque. »

Ça ne sert à rien non plus de prendre un risque quand ce n’est pas le bon moment pour toi. Si je viens d’accoucher et que je repars de zéro, ce n’est pas le moment de lancer une nouvelle offre.

Par contre, il y a des moments où prendre un risque est la meilleure chose à faire. Dans mon cas, j’avais besoin de prendre ces risques pour me reconnecter au message que j’avais envie de transmettre.

3 critères à vérifier avant de prendre un risque en entrepreneuriat

1. Accepter d’échouer

Pour prendre des risques, il faut surtout accepter d’échouer. J’ai accepté profondément que je pouvais diviser ma marge par deux, voire trois, en changeant de produit.

J’ai accepté qu’en repartant solo, j’allais devoir refaire des tâches moi-même, et potentiellement les faire moins bien. Et surtout, accepter que ça peut foirer.

D’ailleurs, j’ai raté des choses : des posts, des épisodes de podcast. Mais rater, c’était cool aussi. Je me suis amusée, et je me suis reconnectée aux problèmes de ma cible : des gens qui font des trucs et qui ratent. C’est la vie de tous les entrepreneurs.

2. Te sentir safe et mesurer les bons indicateurs

Pour oser, il faut se sentir en sécurité. Il ne faut pas y mettre sa valeur. Il faut mesurer les bons indicateurs. Et la sécurité, c’est aussi matériel : savoir où en est ta trésorerie change ton rapport au risque.

Moi, je me suis dit : « Je mesure la réussite, pas au résultat final, mais au plaisir que je vais avoir. » Du coup, le résultat ne me donnait pas l’indicateur de ma valeur.

Je ne me disais pas : « Si je fais trois ventes, je suis nulle. »

Je me disais : « Si je fais trois ventes, est-ce que je me suis amusée ? »

Et si la réponse était oui, c’était gagné.

3. Te sentir libre

Pour faire des paris, il faut aussi se sentir libre. J’ai réussi à le faire quand je ne dépendais plus d’autres gens.

Quand j’avais une grosse équipe, je me disais : « Chaque choix que je fais va impacter les gens. Du jour au lendemain, je pourrais ne plus pouvoir les payer. » J’avais tellement peur de ça que je n’osais plus. Je me sentais enfermée.

Lâcher pas mal de choses, même si ça me rapportait de l’argent, m’a rapporté du confort. Ça m’a autorisée à me remettre en risque, parce que je n’engageais que moi.

Je ne dis pas que c’est pareil pour tout le monde. La question à te poser, c’est : « Qu’est-ce qui pourrait m’aider à reprendre des risques ? » Moi, c’était ne plus avoir personne dans mon équipe qui dépende de mes résultats pour être payée à la fin du mois.

On ose plus quand on n’est pas seule

C’est la dernière leçon que j’ai apprise.

Tous les paris que j’ai pris cette année, je ne les aurais jamais pris sans m’entourer d’autres entrepreneuses qui m’ont challengée, rassurée et poussée à aller plus loin. Et je dis bien challengée : pas des copines qui te disent que tout est génial, ni des rivales qui te renvoient à tes complexes.

Oser arrêter mon bootcamp, lancer un mastermind en présentiel, parler de sujets audacieux sur YouTube : aucune de ces décisions n’aurait été possible en restant seule dans ma bulle.

Si toi aussi tu veux :

  • prendre les décisions stratégiques que tu repousses depuis des mois,
  • être entourée d’entrepreneuses ambitieuses qui te challengent (vraiment),
  • savoir exactement quels risques prendre et comment les mesurer,
  • repartir avec un plan d’action clair pour ton prochain palier,

alors Les Patronnes est un programme fait pour toi. Les places sont limitées, les candidatures sont ouvertes.

Je suis Nina Ramen

J’aide les entrepreneuses à (re)construire un business rentable
à partir de leurs propres critères.

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