Le leadership est un mythe qui profite aux hommes

Je viens de rentrer de Marrakech. J’y ai passé 4 jours avec 6 entrepreneuses, pour ma première retraite écriture et leadership : le Riad des Patronnes. Et pendant les 2 premiers jours, on n’a rien produit. On a juste réfléchi.

C’est précisément pour ça que ça a marché.

Parce que si tu attends de trouver ta vision entre 2 réunions et 40 mails traités, tu vas attendre longtemps. C’est une question de conditions bien plus que de volonté. Et avant de te donner la méthode, il faut d’abord démonter une idée reçue qui te met des bâtons dans les roues sans que tu t’en rendes compte : celle du leadership inné.

Tu peux écouter l’épisode complet, avec toutes les coulisses de la retraite.

Le leadership est un mythe

Charisme et leadership, dans nos têtes, c’est presque devenu le même mot. Et comme par hasard, quand on parle de charisme, on imagine un homme. Ce raccourci est dans notre inconscient collectif, et il fait 2 dégâts en même temps : il nous fait nous sentir imposteuses et il nous insécurise. Parce que si le leadership est inné et que le modèle mental du leader, c’est un mec charismatique, on dirait presque une équation jouée et perdue d’avance. Pour moi, cette équation est fausse de bout en bout.

Le leadership n’est pas inné, c’est une compétence qui s’apprend, exactement comme le reste. Un mythe qui arrange surtout ceux qui n’ont jamais eu à prouver le contraire.

Moi, je n’ai pas été une leadeuse née. Petite, j’étais plutôt du côté de celles qui se font harceler à l’école que du côté de la leadeuse de la classe. Et aujourd’hui, je pense avoir cette capacité à inspirer. Ça s’est construit avec le temps, par l’écriture.

Ça revient à poser sa pensée sur le papier, à la structurer, puis à l’expliciter. Parce que ce qui se pense clairement s’énonce clairement. Et quand ça s’énonce clairement, les gens ont envie de te rejoindre.

Petite précision : “sur le papier” est une image. Aujourd’hui tu peux t’enregistrer et faire transcrire par une IA. Le support compte moins que le geste : sortir la pensée de ta tête pour la mettre en forme.

Pourquoi tu n’as pas de vision : tu es en train de faire

Tous les grands leaders ont une vision. Et une vision, ça ne pousse pas au milieu de l’opérationnel.

Si ta journée a consisté à traiter 40 mails, il y a peu de chances qu’à la fin tu aies plus de vision et plus de leadership qu’au réveil. C’est pour ça que j’ai appelé ce moment une retraite : l’idée, c’est de t’extraire de ton quotidien. De ces journées avec une charge mentale de fou, où tout est plus prioritaire que de te poser et de travailler sur ton leadership.

Ça rejoint un sujet que j’aborde dans mon article sur ce que font vraiment les entrepreneuses à 1M€ : la scalabilité, ce n’est jamais une question de tâches en plus mais de tâches en moins, remplacées par du temps de réflexion.

C’est justement parce que tu es capable d’avoir des idées qui ne sont pas “je vais traiter mes tâches” que les gens vont te rejoindre. Rien qu’en prenant le temps de penser, tu deviens différente. C’est tellement rare, quelqu’un qui prend le temps de savoir ce qu’elle pense vraiment et de construire une image du monde tel qu’il devrait être selon elle, que dès que tu le fais, tu sors du lot.

Les hommes ont eu le droit de réfléchir, les femmes ont eu le droit de faire

Il faut le dire : on a beaucoup plus éduqué les hommes à prendre du temps pour eux, à se poser, à réfléchir. Les femmes, on nous a éduquées à faire.

La plupart de mes clientes me disent la même chose : “Non mais attends, je peux pas passer 2 jours, ou 4, à rien produire.” Elles mesurent leur valeur au nombre de tâches abattues. Et c’est extrêmement dur de les déconditionner de ça, un peu comme le conditionnement qui pousse à être une Gentille Patronne plutôt qu’à poser ses limites. Alors même que c’est le fait de penser, de te penser toi, et de penser ta boîte, qui aura le plus d’impact.

Imagine les boys clubs. C’est caricatural, mais c’est exactement ça : des endroits où les mecs se retrouvent pour penser, discuter, confronter leurs avis et leurs opinions, et savoir ce qu’ils pensent vraiment du monde. Ta pensée se construit en lisant, en allant chercher les opinions des autres, en confrontant les tiennes, rarement en restant dans ton coin à cocher les cases de ta todo list. C’est ça qui nourrit ton leadership plus tard. Et si je devais résumer ce que le leadership au féminin gagnerait à copier des boys clubs, ce serait le droit de prendre du temps pour penser, sans avoir à le justifier par une tâche cochée.

Donc si tu as le sentiment d’être dans le faire-faire-faire, sans parler de toute la partie tâches domestiques, le problème n’est pas seulement que tu ne prends pas le temps. C’est qu’on a conditionné ta valeur au volume de choses que tu fais.

3 exemples : passer du produit à la vision

Pendant la retraite, 6 entrepreneuses sont venues avec leur business. Certaines voulaient écrire des newsletters, d’autres des posts, d’autres simplement avoir leurs messages clés pour les interviews et les passages médias. Et les blocages sont toujours les même : “je sais pas quoi écrire”, “ j’ai pas le temps”, “j’ai peur de dépasser certaines limites”.

Ce dernier blocage mérite qu’on s’y arrête. Parler de vision, c’est parler de prise de position. Et parler de prise de position, c’est accepter de potentiellement déplaire. Toute seule face à ta page blanche, savoir quelle limite tu veux franchir et laquelle tu ne veux pas, c’est difficile. Et quand t’as peur, tu écris des messages bateau qui pourraient être écrits par n’importe qui.

Voilà 3 cas pratiques où on a fait péter les blocages.

Une des participantes lance une marque de bijoux fabriqués en Inde.

On aurait pu s’arrêter à “je vends des bijoux”. On est arrivées à : produire dans d’autres pays et promouvoir la culture d’autres pays, c’est une manière de lutter contre le racisme en France. C’est le contre-pied du made in France. L’idée : consommer des produits qui ne sont pas faits ici, se confronter à d’autres cultures, sans passer par l’appropriation culturelle, qui consiste à copier ce que font les autres pays pour se l’approprier et le revendre. Là, c’est l’inverse : les bijoux deviennent une fenêtre sur la culture indienne. On part de bijoux et on arrive à lutter contre l’extrême droite qui est aux portes du pouvoir en Europe. Franchement, on a beaucoup plus envie d’écouter cette histoire-là que “je fais des bijoux pour me faire de l’argent”.

Pauline dirigeante de Unisoap. Ensemble, on a construit une nouvelle vision orientée sur sa marque personnelle. On vit dans un monde éduqué à aduler Elon Musk : les gens qui sortent d’HEC le prennent en exemple et se disent que jamais ils n’iront bosser dans une association, parce que ça ne gagne pas d’argent. Résultat, on n’apprend pas à nos talents à vouloir aller dans les assos, alors que ce sont elles qui nous aident à faire société, à vivre ensemble. En 2026, on a plus de jeunes actifs qui rêvent de bosser pour un milliardaire, pour le rendre encore plus riche, que pour quelqu’un qui va trouver des logements ou aider des femmes à la rue. Sa vision : ne plus seulement promouvoir son association, mais devenir la voix qui redore l’entrepreneuriat associatif tout entier.

Oleksandra est une consultante dans les grandes entreprises. On est arrivées à ceci : dès l’enfance, les enfants différents, et a fortiori les autistes et les personnes TDAH, dont le handicap est invisible, sont éduqués dans la honte de ce qu’ils sont. Pourquoi c’est important de réparer ça, pourquoi il faut agir, et comment ça crée une société et des entreprises non seulement plus efficaces, mais aussi plus justes. On passe de “je vends des prestas et des conférences” à “je suis en train de changer le monde”.

Ce sont 3 sujets totalement différents mais nous avons fait le même mouvement à chaque fois : partir du micro, et porter le message plus haut.

La méthode pour le faire chez toi

1. Bloquer du temps et sacraliser l’espace. Un espace sans notification, sans ton équipe, où personne ne peut te déranger. Mais aussi, et c’est le plus dur, un espace où tu es sûre de ne pas traîner ta charge mentale. Parce que souvent on bloque du temps et on pense à 36 tâches à la fois, domestiques ou business. On est là intellectuellement, mais on n’est pas réellement là. Prends ta voiture, va au vert, loue une maison ou une chambre d’hôtel. Fais-le avec des copines entrepreneuses si tu veux. Mais sacralise ce temps et cet espace.

2. Trouver des gens pour un ping-pong intellectuel. On développe sa pensée en la confrontant. C’est aussi en parlant qu’on l’affine et qu’on la peaufine. Mes clientes ont les Patronnes, et je les ai beaucoup challengées sur leur vision pour qu’elles arrivent à quelque chose de plus grand qu’elles. Toi, entoure-toi de personnes avec qui tu peux faire ce ping-pong.

3. Écrire sa vision, jamais à froid. J’appelle ça l’échauffement. Si tu attaques direct par “bon, c’est quoi ma vision ?”, tu n’y arriveras pas. À la retraite, les 2 premiers jours étaient uniquement consacrés à l’introspection et à la réflexion sur soi : comprendre ce qui est important pour nous. Le 3 jour seulement, on a commencé à poser la vision. Deux jours d’échauffement pour deux jours de production. Tu ne pars pas sur un 100 mètres à froid sans te faire un claquage. Les exercices d’écriture automatique servent exactement à ça : entrer en introspection, lâcher prise, et arrêter de te juger pendant que tu écris. C’est le même travail sur soi que je décris dans mon guide pour arrêter de se suradapter dans sa boîte.

4. Porter ton sujet à une échelle plus large. N’importe quel mec qui monte une boîte a l’impression d’avoir changé le monde. Les femmes, c’est l’inverse : elles font des trucs de fou et elles disent “moi je fais juste un petit business”. Sors de là. La question que j’aime poser : qu’est-ce que ça change au monde, ce que tu fais ? S’il n’y avait que des toi, que des gens qui font ce que tu fais avec ton engagement, qu’est-ce que ça changerait ?

Regarde Kelly Massol, des Secrets de Loly. Elle raconte un combat contre le racisme et pour l’inclusion des cheveux texturés, ceux qui n’ont jamais trouvé de solution pensée pour eux, plutôt qu’une histoire de shampoing. On a beaucoup plus envie de l’inviter sur un plateau télé que quelqu’un qui vient raconter sa molécule chimique.

Ce que je te laisse

La question que je te pose, là, maintenant : combien de temps tu passes dans ta semaine à réfléchir à où tu vas ? À ce que tu veux changer au monde ? À la façon dont ce que tu fais change la vie de tes clients ?

C’est de ce temps-là que sortent tes messages clés. Et c’est de tes messages clés que se déclinent tes posts LinkedIn, tes newsletters, tes interviews. Une fois que tu as extrait de ton jus de cerveau ce que tu sais et ce que tu penses, et que tu l’as posé quelque part, tout le reste devient beaucoup plus simple.

Ce travail de réflexion, d’introspection et de vision, c’est la base du leadership que tu vas porter auprès de tes équipes comme à l’extérieur. C’est ce que j’ai découvert à ma façon, en partant de zéro : tu peux lire mon histoire complète ici.

​Si tu veux vivre cette expérience toi-même, la prochaine édition du Riad des Patronnes, c’est par ici : https://www.ninaramen.com/le-riad-des-patronnes/

Je suis Nina Ramen

J’aide les entrepreneuses à (re)construire un business rentable
à partir de leurs propres critères.

Recevoir mes réflexions, mes coulisses, mes nouvelles offres

directement dans ta boîte mail

Si tu as aimé ce que tu as lu par ici. Alors, tu vas adorer la suite.
Dans mes e-mails, je te partage mes meilleures ressources avant tout le monde

Tu consens à recevoir les e-mails du Divan des Patronnes. Tu pourras te désabonner à tout moment