Je suis née dans une famille d'entrepreneuses
À 6 ans, je faisais des colliers de trombones dans les locaux de Princesse tam-tam.
À 16 ans, je savais déjà ce que c’était un besoin en fonds de roulement.
À 23 ans, je voyais les équipes de ma mère pleurer dans le salon suite à une liquidation judiciaire.
Bref, j’ai un privilège d’entrepreneuse dont personne ne veut parler : je suis née dans une famille d’entrepreneuses.
J’ai longtemps eu honte d’en parler, comme si ça rendait mon entreprise moins légitime.
Pourtant, voir ma famille entreprendre a été la meilleure formation possible :
- j’ai compris que le BFR des boîtes était le nerf de la guerre,
- j’ai vu qu’on pouvait déposer le bilan et s’en remettre,
- j’ai capté des compétences entrepreneuriales en imitant mes parents — manager, négocier, décider.
Mais surtout, j’ai vu que c’était possible d’être une femme entrepreneuse. Ma mère et mes tantes ont été mes premiers rôles modèles. Si elles le faisaient, j’en étais capable.
Je n’ai pas choisi de grandir avec cet avantage. Par contre, j’en ai bénéficié quand j’ai lancé mes entreprises.
C’est le principe d’un privilège.
Avec le recul, je vois aussi les côtés négatifs : ça m’a poussée à courir après les mauvais KPI, après le scale à tout prix. J’ai fait 1 million de CA, puis je suis tombée en dépression.
Aujourd’hui, j’apprends à faire le tri : je garde les bonnes leçons, je chasse les indicateurs qui ne me rendent pas heureuse.
Et surtout, je fais rentrer mon épanouissement dans l’équation. Au même titre que ma marge.
On devient qui on côtoie.
C’est pour ça que, depuis 5 ans, je m’efforce de créer un espace safe pour des entrepreneuses. Pour redonner une partie de ce dont j’ai moi-même bénéficié : un lieu où les femmes s’aident, s’admirent et se tirent vers le haut.
Je deviens ingénieure en Chimie
L’objectif était clair : avoir un diplôme solide, un CDI bien payé, une carrière toute tracée chez L’Oréal.
Je me disais que jamais je ne monterais ma boîte.
J’avais vu ma mère déposer le bilan 2 fois.
J’avais vu ce que ça coûtait vraiment : pas de chômage, des fins de mois incertaines, la précarité.
L’entrepreneuriat, pour moi, ce n’était pas un rêve.
C’était un risque que je ne voulais pas prendre car j’en connaissais le prix.
Je garde un job toxique car je voulais un bébé
J’étais salariée lorsque je vois mon manager virer les gens un par un. Il mes descendait sur les groupes WhatsApp avec d’autres dirigeants.
C’était insupportable. Mais je restais. Parce que je voulais être enceinte. Et je savais qu’aucun employeur ne m’embaucherait si je partais maintenant.
Un jour, il a viré toutes les personnes de mon équipe. Tous mes collègues. D’un coup.
Et moi, je faisais partie de ceux qui allaient continuer à bosser. Avec quelques autres. Pour tenir la boutique.
Ce jour-là, j’ai décidé de partir.
J’ai démissionné.
2 semaines après ma démission, je tombe enceinte
J’avais quitté ma sécurité. Mon salaire. Mon CDI.
Aucun employeur ne voudrait m’embaucher maintenant. J’étais enceinte. J’avais pris la pire décision au pire moment.
Je me suis donc mise à mon compte et j’avais 9 mois pour créer une entreprise rentable.
Cette contrainte était terrorisante. Je n’avais jamais généré d’argent par moi-même. J’avais peur de ne pas y arriver.
Je culpabilisais aussi. Je me disais que je n’allais pas être assez présente pendant ma maternité. Que j’étais égoïste de prendre ce risque.
Et en plus de ça, je gérais tous les maux de la grossesse. Les nausées. La fatigue.
C’était vraiment dur.
après 3 ans, ma boîte atteint +1M€ de Chiffre d’affaires / an
Mon CA a fait ×3 ou ×4 chaque année et mes réseaux sociaux ont atteint +200 000 abonnés. J’ai créé une vraie notoriété dans mon secteur, jusqu’à publier un livre. et à intervenir dans des média aux côtés d’entrepreneuses à succès comme Kelly Massol.
Ma réussite m'a donné accès aux boys clubs. Mais j'y étais seule.
Cette réussite m’a ouvert des portes. Ces espaces business où les hommes se partagent des conseils. Des stratégies. Des contacts.
Des espaces où on ne m’invitait pas avant.
Quand j’ai enfin pu y rentrer, on me traitait de deux manières :
- on m’expliquait mon propre job. Des mecs qui faisaient moins bien que moi me donnaient des leçons sur comment gérer mon business.
- on me donnait des conseils pensés par des hommes pour des hommes. « Lève-toi à 6h pour faire ton miracle morning. » Alors qu’il fallait que je dépose mon fils à la crèche. Que je gère ma vie de famille en même temps.
Ces conseils ignoraient complètement la charge domestique et parentale. Ils étaient inadaptés à ma réalité.
Au final, je me sentais seule.
Et là, je l’ai compris : plus on monte, plus on est seule.
Quand j’ai fait mon premier million d’euros, je n’avais pas d’autres référentiels de femmes et de mères qui faisaient la même chose. Ça m’a rendu très triste.
Beaucoup de femmes qui ont des business à 6 ou 7 chiffres ne se reconnaissent pas dans les boys clubs. Elles se sentent seules. Elles n’ont pas de réseau de femmes à leur niveau.
je n’ai jamais été aussi anxieuse
Mais en créant cet espace pour les autres, j’avais créé une réussite d’entreprise à l’image des hommes. À l’image du système patriarcal.
J’avais une grosse équipe. J’avais délégué. J’avais scalé. Sur le papier, tout fonctionnait.
Mais j’avais perdu mon plaisir.
Je travaillais tellement que je ne savais même plus ce que j’aimais. Je n’avais pas de hobby. Pas de temps pour moi.
Je faisais beaucoup d’argent. Mais je n’avais pas de sens.
Parce que j’avais juste appliqué des conseils qui finalement ont servi la croissance de ma boîte.
Pas ma croissance personnelle.
J’avais créé un Frankenstein qui me pompait toute mon énergie et que ne me ressemblait plus.
Beaucoup d’entrepreneuses qui réussissent finissent par avoir des business qui les vampirisent.
Elles ont construit une prison dorée.
Elles travaillent pour nourrir la bête.
Elles ont créé des entreprises au service de la croissance.
Pas au service d’elles-mêmes.
j’ai compris qu’on est éduquées à se sacrifier
Depuis l’enfance, on enseigne aux femmes à faire passer les autres avant elles-mêmes.
Alors quand on monte une entreprise, on reproduit exactement ce schéma.
Payer nos salariées avant nous, servir nos clients avant tout, atteindre les objectifs du business avant notre plaisir.
Sauf que cette fois, c’est nous qui avons construit tout ça.
Je prends 6 mois de pause pour tout mettre à plat
Grâce au capital que j’avais accumulé, je me forme sérieusement à la santé mentale (et à l’IA).
Je passe plus de 10 000 heures à éplucher des publications scientifiques. Parce que les modèles existants n’ont jamais été pensés pour quelqu’un qui porte cette charge.
Je restructure tout avec plus de rentabilité et de légerté
À ce moment-là, je me suis séparée d’une grande partie de mon équipe et j’ai coupé 80 % de mes charges. Je développe une méthode pour :
- Comprendre ce que j’aime faire quand je ne me sur-adapte pas
- Restructurer ma boîte autour de moi et poser des limites saines
- Gérer mes finances pour ne plus courir après « toujours plus »
- Améliorer l’efficacité de mes systèmes grâce à l’IA et aux automatisations
- Monitorer et prendre soin de ma santé mentale
J'ai un rythme que je peux tenir 20 ans
C’est là que j’ai pris la décision de downscaler volontairement. De retrouver mon plaisir. Ma zone de génie.
D’arrêter de suivre des conseils pensés par des hommes pour des hommes.
De construire un business qui me sert. Qui me nourrit. Qui me rend libre.
Aujourd’hui :
- Je travaille 4h par jour (ou 2-3j par semaine)
- Je fais des ateliers d’art 6h par semaine
- Je vais chercher mon fils 3 fois par semaine à l’école
- J’ai autant de marge mais moins d’emmerdes
Je crée les patronnes
Un programme pour les entrepreneuses qui ont déjà prouvé qu’elles savaient réussir et qui veulent maintenant construire un business qui tourne sans qu’elles soient partout dedans, tout le temps.